Bassines : impact sur le cycle de l’eau Anne-Morwenn Pastier, hydrologue
Le collectif Bassines Non Merci Berry (dont Attac18 fait partie) organise une conférence :
Méga-bassines dans le Cher : quel impact sur le cycle de l’eau ?
avec Anne-Morwenn Pastier, hydrologue
Mercredi 11 juin à 20h00
à la salle Elsa-Triolet, 4 et 6 rue Alexandra David-Néel à Bourges
(quartier des Gibjoncs, à côté de la Médiathèque de Bourges-Nord)
Outre les Bassines déjà existantes dans le Cher huit projets de Méga-bassines sont en cours. Le collectif demande un moratoire sur ces projets qui se multiplient partout en France.
Les méga-bassines : une fausse solution qui aggrave la crise de l’eau
Les bassines sont des ouvrages écologiquement absurdes
Ces cratères plastifiés de 8 à 15 hectares, remplis en pompant l’eau des nappes phréatiques en hiver, bouleversent le cycle naturel de l’eau et artificialisent les sols.
L’eau est stockée à ciel ouvert, exposée à l’évaporation, à la prolifération de bactéries
Les bassines ont un impact négatif sur les milieux aquatiques, en réduisant le débit des rivières et mettant en danger la biodiversité.
Un modèle agricole dépassé qui s’accapare l’eau et les terres
Seules 5 % des exploitations agricoles bénéficient de ces ouvrages, au détriment de tous les autres usagers et de l’intérêt général.
Les bassines nourrissent un modèle agro-industriel intensif, majoritairement au service de la monoculture de maïs et destiné à l’exportation, qui ne permet pas notre souveraineté alimentaire
Elles soutiennent un usage massif d’intrants chimiques, avec des conséquences dramatiques sur les sols, l’eau, la biodiversité, le vivant.
Un financement public sans conditions
Leurs coûts, pourtant colossaux (75 millions d’euros pour les 16 bassines de la Sèvre niortaise du marais poitevin), sont financés par de l’argent public à 70% dont 50% par l’Agence de l’eau censée garantir une gestion équilibrée et durable. Cet argent devrait servir à accompagner le changement de pratiques agro-écologiques et restaurer les milieux naturels.
Sur le projet des Deux-Sèvres dans le Marais poitevin, le comité scientifique et technique (CST), via Vincent Bretagnolle (écologue au CNRS de Chizé), a dressé un constat accablant : aucune réduction significative de l’usage des pesticides ni d’évolution vers une agriculture plus vertueuse. “Il est incompréhensible qu’on dépense la totalité de l’argent public pour les bassines, alors qu’il faudrait le mettre en priorité ailleurs, par exemple dans des solutions fondées sur la nature.” Source
Un risque aggravé par le changement climatique
Les scientifiques (Florence Habets, Magali Reghezza, Christian Amblard,…) dénoncent une mal-adaptation : ces projets ne sont ni durables ni résilients.
Le BRGM a lui-même reconnu en février 2023 que ses modèles de simulation ne prennent pas en compte le dérèglement climatique actuel.
Les bassines ne pourraient pas être remplies certaines années, les seuils de remplissage sont sous-évalués, et elles aggravent le stress hydrique par évaporation.
Rien n’a été respecté dans les engagements initiaux
Le protocole d’accord des Deux-Sèvres, qui conditionnait les aides publiques à une transition agroécologique, n’a pas été appliqué :
Aucun plan de réduction des volumes d’eau sur l’année
Pas de partage équitable de la ressource entre agriculteurs
Pas de schéma de biodiversité
Aucune sortie des pesticides
Départs massifs des associations environnementales engagées (DSNE, Fédération de pêche, GODS, CCRET)
Dénonciation officielle par le CST
Cela n’augure rien de bon pour la situation dans le Cher, où huit méga-bassines sont en projet.
Des alternatives concrètes et durables existent
Des solutions efficaces sont connues et doivent être soutenues par les politiques publiques :
Transition agro-écologique : diversification des cultures, prairies, haies, sortie des pesticides, sol vivant, mesures agro-environnementales et climatiques (MAEC)…
Restaurer les milieux pour stocker l’eau dans les sols : sanctuarisation des ripisylves et zones humides, reméandrage des cours d’eau, arrêt de l’artificialisation des sols.
Accompagner les agriculteur-rices vers des pratiques agro-écologiques, économes en eau, compatibles avec les enjeux climatiques permettant de sécuriser les revenus des producteur-rices et de garantir une alimentation saine et locale.
ATTAC 18
Un autre monde est possible !